De Berlin à Lomé

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Colaboration

De Berlin à Lomé

Educatrice française depuis 23 ans, je n’ai toujours travaillé qu’en milieu bilingue voir pluriculturel. Cette multiplicité représente pour moi un enrichissement dont je ne pourrais me passer ni dans mon travail, ni dans ma vie privée.
Ayant exercé en Allemagne dans le milieu de la petite enfance mais aussi en scolaire et en péri-scolaire pour du soutien en alphabétisation, j’ai vécu de prés le bilinguisme avec soit un contexte social favorisé soit beaucoup plus humble, donc moins reconnu socialement.
Durant cinq années à Istanbul ou je travaillais de nouveau en soutien scolaire, j’ai constaté combien les langues et les cultures possèdent des valeurs déterminantes pour l’avenir de l’enfant.
De retour à Berlin, j’ai découvert de nouveau une autre culture de taille: nous recevons, dans notre jardin d’enfants beaucoup de familles africaines dont la culture est mal connue de mes collègues et de moi-même.
C’est assez pour motiver un départ vers le Togo car, dans le groupe d’enfants que j’encadre cette année, 6 des 18 familles viennent du Togo.
Et c’est le début d’une magnifique expérience!

A la suite de contacts et échanges avec Monsieur Kpanzou, je vais « travailler » avec la directrice et les enseignants de l’école primaire « Tokoin-Dodomé » à Lomé.

Bien qu’ayant été prévenue, je reste pantoise devant l’état vétuste de l’école qui n’a ni eau ni électricité, ni sanitaire et dont les toits percés laissent passer vent et pluie. Les enfants arrivent souvent en classe le ventre vide…

Mon séjour se déroule pendant les vacances scolaires. Nous profitons, l’équipe pédagogique et moi-même, de cette période, pour nous réunir régulièrement. Je me permet de proposer des méthodes d’apprentissage par le jeu. Méthodes que j’ai expérimentées et utilisées avec des publiques divers: enfants bilingues notamment comme le sont ceux de « Dodomé » puisqu’ils parlent leur dialecte à la maison et apprennent le français à l’école. Ainsi, je ne fais que mettre à disposition le fruit de mon travail. Je l’offre volontiers mais c’est à chacun de choisir s’il souhaite s’en servir ou non. Toutefois, je me permet de souligner qu’il est source de plaisir chez l’enfant qui le pratique.
Et, que peut-on souhaiter de plus si ce n’est « apprendre dans le plaisir »?
Je contacte également des professionnels afin de monter un projet où les enfants seront actifs et permettra de récolter des fonds pour contribuer à la rénovation de l’école et/ou é la constitution de la bibliothèque.
Ainsi une marionnettiste, un écrivain, une comédienne, auront la générosité de répondre présents et de s’engager pour « Dodomé ». A partir de Novembre, ils viendront les vendredi après-midi pour bricoler des marionnettes avec les enfants, pour écrire et éditer une bande-dessinée et pour planter des arbres et faire le jardin ainsi que pour jouer des petites improvisations de théâtre…
Est-il besoin de souligner la dynamique que ces trois professionnels offriront à l’école?
Les enfants vont produire, créer, mener à bien une marionnette qui jouera une histoire devant les autres copains et copines.
D’autres, quelque peu effrayés par l’écrit peut-être, par le livre, le langage se verront capables de construire une intrigue, de l’imprimer, de la signer… Quelle belle expérience et quelle valorisation… Justifiée…
Quant aux arbres, chacun portera le nom de l’enfant qui l’a planté! Et Lili proposera aussi à l’occasion des improvisations théâtrales!
La participation d’intervenants extérieurs redonne une dynamique aux activités péri-scolaires, soutient les professeurs et ouvre une fenêtre sur un apprentissage de la vie…